Spectacles Berlinois

Dans son mémoire de Master en Lettres Modernes consacré à la mise en scène de Métropole (adaptation bilingue de Metropolis de Fritz Lang), effectué sous la direction de Georges Molinié (président de l’Université Paris-Sorbonne), Mathilde Roesch a mis l’accent sur les enjeux linguistiques et théâtraux de cette rencontre  :

« Pour dépasser les difficultés de la langue française, il fallait que les enfants mobilisent leur attention sur un grand nombre de données. Il fallait pour assimiler le texte qu’ils se concentrent bien plus que pour jouer dans leur langue maternelle. 

L’état de concentration atteint durant les répétitions leur permettait de se dépasser dans le jeu. Certains jeunes atteignaient ainsi une précision extraordinaire dans l’interprétation. A l’inverse, le jeu en allemand ne leur apportait pas toujours cette maîtrise, car la langue d’expression étant innée, ils n’approfondissaient pas leur travail de recherche sur le fond et la forme du texte. »

A l’occasion du quarantième anniversaire du jumelage entre Antony et Reinickendorf, quartier français de Berlin, la Compagnie Le Feu Follet a ouvert, sous le parrainage de Klaus Wowereit (maire-gouverneur de Berlin et ministre de la culture allemand) et de l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse (OFAJ), de nouveaux ateliers en Allemagne, dans le but de poursuivre l’aventure de la rencontre entre nos deux pays autour de créations théâtrales bilingues.

Ce projet franco-allemand, mené par la Compagnie Le Feu Follet, a eu un impact important des deux côtés de la frontière, établissant un dialogue entre les enfants Antoniens et berlinois, et des points de rencontre entre des artistes professionnels des deux pays, avec l’intervention notamment des conservateurs du Musée du film de Berlin, du musicien Friedrich Wengler, de la Musikhochschule de Berlin, et de la maquilleuse Susanne Rothert, de la Volksbühne de Berlin, qui se sont greffés à l’équipe française.

Il a également permis, grâce au soutien de l’OFAJ et de Florian Fangmann (directeur des programmes), la réouverture – tout à fait symbolique de l’ampleur et de la réussite du projet – de la salle de théâtre (monument historique) du Centre Français de Berlin par les enfants-comédiens des deux pays.

La Compagnie Le Feu Follet avait à cœur de donner un sens concret, du côté des enfants, à l’amitié franco-allemande, et par conséquent de pérenniser les liens entre les deux pays. De fait, cette expérience a durablement marqué les enfants-comédiens français et allemands, par la force symbolique des créations et des représentations qu’ils ont imaginées et menées en commun. 

Le journal Berlinois Taz a souligné, à l’occasion de la création de Métropole, en 2007, que seule la Compagnie Le Feu Follet a pris l’initiative de fêter les 20 ans de l’alliance Paris-Berlin.

Voir également l’article « Das Theater der zweisprachigen Monster » paru dans le Taz du 22 août 2006, à l’occasion du spectacle Furies / Furien.

(d’après L’Orestie d’Eschyle)

Adaptation : Corinne Kemeny et Marylise Dumont

– Représentations au Théâtre Firmin Gémier à Antony, au Parc Bourdeau d’Antony, à la Fontane Haus à Berlin-Reinickendorf.

– Représentation au Théâtre de Trévise à Paris dans le cadre du Festival « Les enfants du 9 » dirigé par Isabelle Calabre.

– Représentation au Palais des Congrès de Bourges à l’occasion du Congrès National de Pédiatrie.

Les thèmes de la pièce s’articulent autour de la confrontation entre Grecs et Troyens et s’orientent vers les retrouvailles entre Oreste et sa sœur, Electre.

Monter L’Orestie d’Eschyle, c’est trouver, par le biais de la mythologie, un langage universel, et permettre ainsi la rencontre, autour d’une fable commune, d’enfants chargés d’une histoire différente.

(d’après Metropolis de Fritz Lang)

Adaptation : Corinne Kemeny et Mathilde Roesch

– Représentations à la Fontane-Haus à Berlin-Reinickendorf, et au Théâtre Firmin Gémier à Antony.

Transposer sur scène Metropolis de Fritz Lang, dans le cadre d’une mise en scène franco-allemande, c’était, pour la Compagnie Le Feu Follet, se confronter en premier lieu à la question des langues et de leur rencontre, autour d’un mythe commun : celui de la Tour de Babel et de son effondrement.

C’était aussi l’occasion, pour les enfants des deux pays, d’interroger l’avenir d’un monde dont ils porteront demain la responsabilité partagée. La cité révoltée puis détruite de Metropolis, théâtre de l’individualisme, des disproportions sociales et de la déshumanisation,c’est en effet la naissance d’un mythe moderne, celui de l’immense métropole dont on ne cesse,avec une peur panique, d’interroger la viabilité, mais qu’il faudra bien un jour rebâtir…

2008 Reprise d’Orphée : La Porte des Enfers au Théâtre Firmin Gémier d’Antony et à l’Atrium de Berlin.

(d’après Les Sept contre Thèbes d’Eschyle)

Adaptation : Corinne Kemeny et Mathilde Roesch

– Représentations à la Fontane-Haus à Berlin-Reinickendorf, au Centre français de Berlin et au Théâtre Firmin Gémier à Antony

– Reprise au Festival « Onze bouge » à Paris, à l’Olympe de Gouge

S’inspirant de l’intrigue des Sept contre Thèbes d’Eschyle, et, du point de vue esthétique, de La Porte des Enfers de Rodin, Corinne Kemeny a mis en scène Le Chant à Hadès sous la forme d’une comédie musicale, avec la collaboration de Sabine Drabowitch et de Michael Taïeb, qui ont fait chanter les enfants-comédiens, et de Friedrich Wengler, qui a composé la musique du spectacle.

Un projet de théâtre franco-allemand du Centre Français de Berlin, sous le parrainage de Messieurs les Maires, Klaus Wowereit et Bertrand Delanoë.

2009 Reprise de Puck au Théâtre Firmin Gémier d’Antony et au Centre français de Berlin (Adaptation : Corinne Kemeny et Hélène Neuenhagen)

2010 Reprise de Furies / Furien au Théâtre Firmin Gémier d’Antony et au Centre français de Berlin.